Hécatombe chez les pollinisateurs


Par Sarah V., le 26/06/2020 à 14h45

Mais il est encore possible de les aider à prospérer en réduisant notre impact environnemental

Sur les méandres de l’horizon qui sculptent les paysages de nos régions, les insectes virevoltent et papillonnent entre les étamines des Angiospermes qui ornent les décors de nos campagnes. Bourdons, andrènes, osmies et halictes sillonnent la verdure en quête des beautés florales qui leur offriront leur précieux pollen. Mais ce travail de pollinisation se complique à mesure que l’urbanisation et l’agriculture intensive s’expandent, et les pollinisateurs voient leur population s’amoindrir au fil des années. Ainsi, en Europe, les populations d’insectes ont chuté de 80 % depuis 1990, et 40 % des espèces sauvages d’insectes butineurs sont actuellement en déclin et menacées d’extinction durant les prochaines décennies. La décadence effrénée qui accable les populations d’insectes pourrait venir à bout de leur classe d’ici la fin du siècle, ce qui engendrerait en plus des effets dramatiques pour d’innombrables écosystèmes naturels ainsi que pour nos cultures entomogames.


Les monocultures dominantes, l’artificialisation et la pollution des sols, les pesticides et autres conséquences de l’agriculture intensive nuisent grièvement à la biodiversité des pollinisateurs. L’homogénéisation des paysages due à la prépondérance de la monoculture et à la destruction des habitats naturels complexifie la recherche d’espaces propices à la nidification des abeilles, en plus de raréfier leurs ressources alimentaires. Le surpâturage animal et l’utilisation de fertilisants azotés contribuent encore à la perte de diversité végétale. En outre, des synergies entre divers polluants et pesticides sont susceptibles de causer des effets en cascade sur la biodiversité des espèces de pollinisateurs sauvages.


Il a également été montré que l’éclairage nocturne accru du fait de l’urbanisation grandissante influence les comportements des insectes, diminuant jusqu’à 60 % la pollinisation. L’immersion de certains végétaux ornementaux étrangers dans nos villes perturbe les liens de dépendance entre les plantes indigènes et leurs pollinisateurs. En effet, les plantes étrangères aux corolles attrayantes et à la période de floraison étendue entrent en compétition avec la végétation locale, qui peut se retrouver négligée à tel point que les pollinisateurs spécialisés (dépendants directement d’un type bien précis de flore) ne trouvent plus de quoi se nourrir et disparaissent.


À toutes ces difficultés s’ajoutent la présence de parasites et pathogène et les effets du changement climatique. Dans les prochaines années, l’augmentation des températures engendrée par la perturbation du climat par les activités humaines polluantes aura pour effet de prolonger la durée de la saison pollinique et potentiellement d’augmenter le caractère allergène du pollen. La population sera soumise à un air plus fortement concentré en pollen, et les symptômes allergiques pourraient s’aggraver. De plus, l’extinction de nombreuses espèces de pollinisateurs impacterait fortement les cultures et l’économie, puisque plus de 80 % des espèces cultivées en Union européenne dépendent de ces insectes.


Les apiculteurs, du fait de la mortalité des populations d’abeilles mellifères, peinent à répondre à la demande en miel de la population. Par conséquent, dans les grandes surfaces, près de 60 % des miels sont issus d’importations de Chine ou d’Amérique, ce qui facilite la présence de pollen OGM dans les miels que nous consommons. Nous retrouvons donc en magasin ces mélanges de miels aux provenances multiples, étiquetés comme « mélange de miels originaires et non originaires de l’UE ». Le consommateur averti peut opter pour un miel issu d’une apiculture locale, et favoriser les miels polyfloraux, présentant une plus grande diversité de fleurs et des ressources alimentaires variées pour les abeilles.


Il est encore possible de réduire les dommages causés par nos activités sur les insectes butineurs. Via notre mode de consommation, favorisons l’agriculture locale et biologique, respectueuse de l’environnement et soucieuse de la santé des sols. Arborons les centres-villes de bandes enherbées et laissons la flore s’y développer librement. Revenons à des cultures riches de variété, où Graminées, Brassicacées, Cucurbitacées et Rosacées entremêlent leurs panoplies de couleurs et de saveurs, pour le plaisir de nos pupilles et papilles, et pour la sauvegarde des pollinisateurs.




Sources : Liège université library


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Science Direct


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