Gardiens des chênes : ce projet qui met en évidence les interactions entre climat, plantes, herbivores et prédateurs


Par Christophe L., le 25/02/2021 à 22h10

Pixabay
Les premiers résultats d’une étude publiée le 15 février 2021 dans la revue Global Ecology and Biogeography révèlent que tous les insectes herbivores ne sont pas influencés de la même manière par le climat ou les défenses des arbres.

Initié en 2018 par les chercheurs d’INRAE, « Gardiens des chênes » est un projet de sciences participatives ayant impliqué 82 enseignants et leurs élèves et 30 scientifiques. Pendant deux années, ceux-ci ont quantifié les effets nocifs des actions des insectes herbivores sur les arbres dans 17 pays européens (ils vont de l’Espagne à la Finlande). Les chercheurs ont également cherché à comprendre si le climat pouvait offrir aux chênes pédonculés utilisés comme espèce modèle dans l’étude la capacité de se défendre contre les attaques d’insectes, soit directement en produisant eux-mêmes des défenses chimiques, soit avec l’aide des oiseaux insectivores. Le protocole parait simple. Ils ont installé près de 10 000 fausses chenilles en pâte à modeler dans près de 300 arbres et plus de 9000 feuilles collectées ont été renvoyées aux chercheurs d’INRAE pour analyses.


Une étude révolutionnaire


Cette étude offre des perspectives nouvelles. Elle est de nature originale en ce sens qu’elle permet, à la fois de mesurer l’intensité des dégâts d’insectes herbivores le long d’un gradient géographique et la possibilité de défense des plantes contre les insectes. Plus encore, elle permet aussi de vérifier si les prédateurs (les oiseaux ici) peuvent réguler l’activité des insectes herbivores sur les arbres. C’est la première qu’une étude prend en compte tous ces aspects à la fois. « En analysant les données, nous avons constaté que nous avions une diminution des dégâts d’insectes à mesure que nous nous rapprochions des régions les plus au nord », a clarifié Bastien Castagneurol, chercheur en écologie dans le laboratoire Biodiversité, gènes et communauté. Cependant, a-t-il reconnu qu’il manque de données pour expliquer ce constat ? De même, nombreux autres questionnements restent également en suspens : quels sont les herbivores causant les dégâts ? Comment varie leur répartition le long du gradient géographique ? Quels sont les oiseaux prédateurs de ces herbivores ? C’est justement pour éclaircir ces points d’ombre que le projet a été prolongé jusqu’en 2022. Il s’agit, sans doute d’un projet à suivre.



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